La théorie du Yin Yang

nouvel an chinois

 

Aujourd’hui je vais vous parler de ce fameux symbole que presque tout le monde connaît mais dont on ne sait finalement pas grand chose.

La notion de YinYang est issue de l’observation de la nature, par le peuple chinois, afin d’expliquer tous les phénomènes de vie. Cette notion serait apparue (écrite) pour la 1ère fois 300 ans avant JC dans les commentaires du Yi Jing (le Yi Jing est un ouvrage à la base de toute la culture chinoise ; écriture, philosophie, pensée, médecine, arts…).

Yin fait référence à la terre, sous nos pieds, palpable, humide et lourde, cultivable et féconde. Yin sera donc associé à la matière.

Yang fait référence au ciel, au-dessus de notre tête, impalpable, léger, mobile. Yang sera donc associé à l’immatériel, au Qi.

Les anciens avaient observé que tout dans la nature dépendait de l’alternance de différents phénomènes. L’exemple le plus flagrant est l’alternance du jour et de la nuit. Une phase Yang, le jour et une phase Yin, la nuit.

 

 

yinyang-théorie

Yin représente le versant ombragé de la montagne alors que Yang en est sa partie éclairée.

 

L’erreur à ne surtout pas commettre est de lister des noms, des qualificatifs dans un tableau avec d’un côté tout ce qui est Yin (nuit, froid, calme, femme…) et de l’autre côté tout ce qui Yang (jour, chaleur, agité, homme…) car nous enlevons à ce moment-là le principe même de ce qui caractérise le YinYang : le changement!!

Alors au lieu de parler de jour, de nuit… il serait plus juste, plus représentatif de la langue chinoise (rappelons que ce sont des idéogrammes – des concepts, des idées) de parler de passage du jour à la nuit et de passage de la nuit au jour ou encore de phase d’ensoleillement ou de phase nocturne. En effet, le jour ne commence pas au lever du soleil mais après minuit ! Ne parle-t-on pas de deux heures du matin ?

 

Autres idées reçues :

De même que Yin n’est pas LA nuit et Yang n’est pas LE jour, Yin n’est pas LE froid et Yang n’est pas LE chaud. Effectivement, les considérer comme phase de refroidissement et phase de réchauffement nous permet de garder à l’esprit cette notion de mouvement, de changement, de mutation.

A l’image des couplages précédents, Yin n’est pas LA femme et Yang n’est pas L’homme. Il est préférable de concevoir Yin comme le mouvement féminin, dans sa capacité de résistance (lors de la grossesse par exemple, neuf mois à patienter, à supporter la douleur que cela peut occasionner pour enfin donner naissance, qui lui – le fait de donner naissance – est un mouvement Yang), dans sa capacité de calme et de réflexion. Nous le savons tous, les femmes sont de meilleures médiatrices que les hommes, eux-mêmes sous le joug de la testostérone, impulsifs et spontanés. Cet aspect impulsif, spontané est un aspect Yang, un mouvement Yang. Ainsi Yang est un mouvement masculin.

 

A éviter :

Enfin, une ultime erreur à ne surtout pas commettre, connoter les mouvements YinYang ! C’est-à-dire leur donner une valeur. Aucun n’est meilleur ou pire que l’autre. Les deux sont nécessaires. Le jour n’est pas mieux que la nuit, et inversement. En revanche, les deux sont nécessaires pour que le cycle journalier s’accomplisse. Être impulsif, peut s’avérer être une grande qualité ou un grand défaut selon les situations. Par conséquent, il faut toujours tenir compte de la situation dans son ensemble. Un dernier exemple : une pièce d’un euro. Deux faces, une Yin, l’autre Yang. Aucune n’est meilleure que l’autre. Les deux font partie intégrante de la même pièce.

 

Caractéristiques du YinYang:

  • la complémentarité (ou interdépendance)
  • l’opposition
  • la croissance/décroissance
  • la transformation mutuelle

La complémentarité : Yin et Yang sont indissociables. L’un ne peut exister sans l’autre. S’il n’y a pas de Yin alors on ne peut parler de Yang. Par exemple, si la notion de jour n’existe pas alors celle de nuit non plus.

L’opposition : elle se retrouve dans toutes les manifestations naturelles. Haut/bas, proche/éloigné, chaud/froid, gauche/droite… Prenons l’exemple du chaud et du froid. D’une part, la chaleur s’oppose au froid en termes de températures. D’autre part, la chaleur peut chasser le froid et le froid peut éliminer la chaleur et ainsi abaisser la température. Par conséquent cette opposition n’a rien de négative, bien au contraire elle permet d’assurer le juste équilibre entre Yin et Yang.

La croissance/décroissance : toujours dans la continuité de cette recherche d’équilibre juste, Yin et Yang ont une croissance/décroissance proportionnelle à leur opposé. En d’autres termes, les changements ne sont se font pas en un claquement de doigt mais au bout d’une phase de croissance de Yin vers Yang ou de Yang vers Yin. Pour mieux le comprendre il suffit d’observer une journée. On ne passe pas du jour à la nuit en un instant ; ainsi lorsque le jour apparaît alors la nuit disparait progressivement et lorsque la nuit apparaît, le jour disparait progressivement.

La transformation mutuelle : chacun des deux aspects à leur extrême donne naissance à son contraire. Si on considère la croissance/décroissance comme un changement quantitatif du YinYang alors la transformation mutuelle en est son changement qualitatif. Ainsi, la nuit Yin à son extrême donne naissance au jour Yang et le jour à son extrême donne naissance à la nuit. Sur un plan plus médical, c’est un phénomène qu’on peut observer avec la fièvre qui, à son extrême peut provoquer des tremblements, des sensations de froid intense alors que la température corporelle est à plus de 40° et inversement avec les engelures qui par un froid extrême provoquent des brûlures extrêmes.

 

Vous l’aurez compris nous pourrions discuter des heures durant de ce concept. J’espère que cette petite introduction vous aura plu et je vous donne rendez-vous très vite pour un prochain article sur le YinYang mais cette fois-ci, en lien direct avec la médecine chinoise.

Pour terminer j’aimerais citer un auteur que j’affectionne particulièrement « YinYang ne veut rien dire en soi, il s’agit juste d’un terme qui exprime un type de relations corrélatives et réciproques, valables aussi bien au niveau des structures que des fonctions, c’est-à-dire pour l’esprit chinois autant au niveau théorique que pratique ». Cyrille D. Javary